
Depuis la fin de la prime à l’autoconsommation et l’effondrement du tarif de rachat, une question revient souvent : que faire de son surplus solaire pour ne pas le brader à EDF OA ? Deux solutions existent aujourd’hui : la batterie physique et la batterie virtuelle. Voici comment elles fonctionnent, et laquelle correspond à votre situation.
Le problème à résoudre
Depuis le 5 juin 2026, le surplus revendu au réseau ne rapporte plus que 1,1 centime par kWh. À titre de comparaison, ce même kWh coûte environ 0,25 à 0,30 € à l’achat. L’écart est tel que revendre son surplus n’a presque plus d’intérêt économique : mieux vaut le consommer soi-même, ou le stocker pour le consommer plus tard.
C’est là qu’interviennent deux approches différentes.
La batterie physique : stocker chez soi
La batterie physique stocke l’énergie dans un équipement installé chez vous (au sol ou au mur), couplé à un onduleur hybride qui gère les flux entre panneaux, batterie, maison et réseau.
Avantages :
- Autonomie réelle, y compris en cas de coupure de courant (fonction « backup » selon les modèles)
- Vous consommez votre propre énergie stockée, sans dépendre d’un fournisseur
- Optimisation possible entre heures creuses et heures pleines
Prix en 2026 : comptez entre 600 et 1 000 € par kWh de capacité installée, onduleur hybride et pose par un professionnel RGE compris. Pour une capacité de 10 kWh, l’investissement se situe donc grossièrement entre 6 000 et 10 000 €.
Inconvénient principal : l’investissement de départ est conséquent, et son amortissement dépend fortement de votre profil de consommation.
La batterie virtuelle : stocker sans matériel
La batterie virtuelle est un service proposé par certains fournisseurs d’énergie alternatifs (MyLight, Urban Solar, JPME notamment — les grands fournisseurs historiques comme EDF ne proposent pas ce service, seulement le rachat classique via EDF OA). Elle fonctionne comme un compteur : votre surplus injecté est enregistré sous forme de crédit d’énergie, que vous pouvez consommer plus tard.
Avantages :
- Aucun investissement matériel ni frais d’installation
- Capacité de stockage « illimitée » comparée à une batterie physique
- Empreinte carbone réduite, puisqu’aucun composant physique n’est fabriqué
Prix en 2026 : environ 1,20 € par kWc et par mois (soit 7 à 11 € TTC/mois pour une installation de 6 à 9 kWc), auxquels s’ajoutent des frais d’acheminement (TURPE) de l’ordre de 0,095 à 0,107 € par kWh restitué.
Inconvénients à connaître :
- Aucune autonomie en cas de coupure de courant : l’onduleur a lui-même besoin d’électricité du réseau pour fonctionner
- Nécessite de changer de fournisseur d’électricité, la plupart des offres n’étant pas compatibles avec un contrat existant
- Des frais de gestion et d’acheminement viennent réduire le gain réel
- Perte possible des crédits stockés en cas de changement de fournisseur
Comparatif rapide
| Batterie physique | Batterie virtuelle | Revente EDF OA | |
|---|---|---|---|
| Investissement initial | Élevé (600-1000 €/kWh) | Aucun | Aucun |
| Coût récurrent | Aucun | Abonnement mensuel + acheminement | Aucun |
| Autonomie en coupure | Oui | Non | Non |
| Valorisation du surplus | Très bonne (autoconsommé) | Bonne | Très faible (1,1 c€/kWh) |
| Engagement fournisseur | Non | Oui, changement souvent nécessaire | Non |
Quelle solution choisir ?
Il n’y a pas de réponse universelle, tout dépend de votre situation :
- Vous voulez une solution sans investissement et sans souci de gestion ? La batterie virtuelle est plus simple à mettre en place, à condition d’accepter de changer de fournisseur.
- Vous voulez de l’autonomie réelle, y compris en cas de coupure, et un investissement qui vous appartient ? La batterie physique reste la solution la plus robuste sur le long terme.
- Votre surplus est faible ou votre budget limité ? Il peut être pertinent de continuer la revente classique en attendant que les prix des batteries baissent encore, ou de dimensionner différemment votre installation pour maximiser l’autoconsommation directe plutôt que de stocker le surplus.