
Depuis le 5 juin 2026, la prime à l’autoconsommation n’existe plus. Si vous envisagez une installation solaire, ou si vous en avez déjà une, voici ce qu’il faut savoir sur ce changement de règles.
Qu’est-ce qui a changé, et depuis quand ?
Un arrêté publié au Journal officiel le 4 juin 2026, applicable dès le 5 juin, a modifié en profondeur le soutien public au photovoltaïque résidentiel :
- La prime à l’autoconsommation est supprimée. Cette aide, qui pouvait atteindre plusieurs centaines d’euros selon la puissance de l’installation, n’est plus versée pour les nouvelles demandes.
- Le tarif de rachat du surplus s’effondre. Il passe à 1,1 centime d’euro par kWh, contre 4 centimes depuis mars 2025 et 12,69 centimes quelques années plus tôt.
- La vente en totalité est également concernée sur certains segments de puissance : le modèle économique bascule clairement vers l’autoconsommation.
Point important : si votre demande de raccordement a été déposée et validée avant le 5 juin 2026, vous conservez les anciennes conditions (prime et tarif de rachat d’origine). Seules les nouvelles demandes sont concernées par la réforme.
Pourquoi cette suppression ?
Ce n’est pas une rupture brutale : la prime diminuait déjà de trimestre en trimestre depuis plusieurs années, recalculée par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Elle est passée d’un montant élevé en 2017 à une fraction de sa valeur initiale début 2026, avant d’être totalement supprimée. La suppression est donc l’aboutissement logique d’une tendance déjà amorcée.
Qu’est-ce qui reste comme aide ?
En dehors d’éventuelles aides régionales ou locales (qui varient selon votre commune ou département), il n’existe plus d’aide nationale dédiée à l’installation photovoltaïque résidentielle. Le rachat du surplus continue d’exister, mais à un tarif nettement inférieur, garanti sur 20 ans et revalorisé chaque année de 2 %.
Une installation reste-t-elle rentable ?
Oui, mais le calcul change de logique. Avant 2026, on raisonnait souvent ainsi :
Coût de l’installation − prime − revenus de la revente = investissement net
Aujourd’hui, la revente du surplus rapporte très peu (environ 1,1 centime par kWh, contre 25 centimes le kWh acheté). Un kWh autoconsommé vaut donc désormais près de 20 fois plus qu’un kWh revendu. La rentabilité ne vient plus de la prime ni de la revente, mais de l’autoconsommation elle-même : plus vous consommez directement l’électricité que vous produisez, plus votre installation est rentable.
Concrètement, cela veut dire :
- Bien dimensionner l’installation selon vos besoins réels (ni trop, ni trop peu)
- Anticiper les futurs usages : véhicule électrique, pompe à chaleur, climatisation
- Programmer les appareils énergivores (recharge, chauffe-eau) aux heures de production solaire
- Envisager le stockage sur batterie pour utiliser l’énergie produite le jour, le soir venu
En résumé
| Avant le 5 juin 2026 | Depuis le 5 juin 2026 |
|---|---|
| Prime à l’autoconsommation versée | Prime supprimée |
| Rachat du surplus à 4 c€/kWh | Rachat à 1,1 c€/kWh |
| Rentabilité basée sur prime + revente | Rentabilité basée sur l’autoconsommation |
La fin de la prime ne rend pas le solaire moins pertinent, mais elle change la façon d’aborder un projet : il devient essentiel de bien dimensionner son installation en fonction de sa consommation réelle, plutôt que de compter sur une aide extérieure.